Salle Bourgie
Pavillon Claire et Marc Bourgie
Musée des beaux-arts de Montréal
1339, rue Sherbrooke Ouest
Montréal (Québec)
Canada
Billetterie
514 285-2000, option 1
Sans frais à l'extérieur de Montréal
1 800 899-6873, option 1
Durée : 1h30 incluant la pause de 20 minutes
Les Violons à Rome, de Corelli à Nino Rota
Rome n’a jamais cessé d’attirer les musiciens. Corelli y a régné sur l’art du violon. Le jeune Handel ébloui s’y est formé. Respighi y a trouvé une patrie d’adoption. Et Nino Rota, entre deux partitions pour Fellini, y a composé l’une de ses œuvres les plus séduisantes. Pour ce concert, Les Violons du Roy font le voyage. Quatre siècles de musique romaine en un seul concert, avec la contralto soliste Rose Naggar-Tremblay et Kyrian Firedenberg à la direction et au clavecin.
Arcangelo Corelli — Concerto grosso en fa majeur, op. 6 n° 6
Tout commence avec Corelli. Maître incontesté du violon, il a passé l’essentiel de sa vie à Rome, protégé par les plus grands mécènes de l’époque dont la reine Christine de Suède et le cardinal Ottoboni. Dans les salons de ces puissants, il fixe le langage du concerto grosso, ce dialogue entre un petit groupe de solistes et un grand ensemble, qui allait nourrir Bach, Handel et Vivaldi pendant des décennies.
Ce concerto grosso en fa majeur, l’un des douze que Corelli a rassemblés à la fin de sa vie, en est une illustration lumineuse. On y entend tour à tour la rigueur du contrepoint et la douceur du chant, la ferveur religieuse et la légèreté d’une suite de danses. Le Largo central, d’une intensité presque sacrée, telle une prière sans paroles.
George Frideric Handel — Airs extraits de Giulio Cesare in Egitto, HWV 17
Handel arrive à Rome à 20 ans. Il y rencontre Corelli, s’imprègne de l’art vocal italien et croise le grand Alessandro Scarlatti. Ce séjour va marquer son écriture pour le reste de sa vie. Et c’est peut-être dans Giulio Cesare, créé à Londres en 1724, que cet héritage romain s’entend le mieux.
Le personnage de César est d’une fascinante complexité : conquérant amoureux, stratège et poète. Rose Naggar-Tremblay lui prête sa voix dans trois airs qui traversent tous les états de l’âme : la victoire éclatante de Presti omai, l’ardeur guerrière d’Al lampo dell’armi, et l’émotion à vif d’Aure deh per pietà, où César supplie le vent de porter ses mots jusqu’à Cléopâtre, retenue prisonnière. Ces airs furent composés pour Il Senesino, le plus célèbre castrat de l’époque. Aujourd’hui, ce sont les voix de contralto qui en ont hérité, et Rose Naggar-Tremblay les porte avec une autorité naturelle.
Ottorino Respighi — Il tramonto
Respighi est surtout connu pour ses grandes fresques symphoniques — les fontaines, les pins, les fêtes de Rome. Or Il tramonto (le coucher de soleil) est une œuvre d’une tout autre nature : intime, concentrée, presque fragile.
Il tramonto a été composée en 1918 pour voix et quatuor à cordes sur un poème de Shelley. Après la mort de son bien-aimé, une femme continue de vivre, inconsolable, regardant chaque soir le soleil se coucher sans lui. Respighi met en musique ce deuil avec une délicatesse bouleversante, mêlant la fluidité de Debussy et le lyrisme de Puccini. Les cordes ne soutiennent pas seulement la voix, elles respirent avec elle et l’accompagnent dans le silence.
Nino Rota — Concerto pour cordes
Difficile de penser à Nino Rota sans entendre aussitôt les mélodies de La Strada, du Parrain ou de La Dolce Vita. Son génie des thèmes qui demeurent gravés dans nos mémoires est légendaire. Mais Rota était aussi un compositeur de concert prolifique et son Concerto pour cordes, composé en 1964-65 pour l’ensemble romain I Musici, est l’une de ses pages les plus attachantes.
En quatre mouvements, il promène l’auditeur, de la sérénité contrapuntique d’un Preludio à un Scherzo légèrement sarcastique qui flirte avec la valse, en passant par une Aria mystérieuse où l’ombre de Bach croise celle de Mahler. Le Finale marqué Allegrissimo est une course effrénée, joyeuse et irrésistible.
Texte inspiré et adapté des notes de programme rédigées par Irène Brisson
Les artistes
Kyrian Firedenberg, direction et clavecin
Il a 27 ans, il vient de New York et il fait déjà ses débuts dans les grandes institutions musicales d’Europe. Kyrian Firedenberg est l’un de ces jeunes chefs dont la trajectoire retient l’attention : lauréat du prix Neeme Järvi au Festival Menuhin de Gstaad, chef assistant de l’Ensemble intercontemporain à la Philharmonie de Paris, résidences à la Lyric Opera de Chicago et au Festival de Salzbourg. Cette saison, il débute avec l’Orchestre philharmonique de Radio France, l’Orchestre national du Capitole de Toulouse et rejoint Kazuki Yamada comme chef adjoint pour une tournée européenne de 13 concerts.
Kyrian Firedenberg a étudié en parallèle la direction baroque et l’art du maestro al cembalo auprès de Leonardo García Alarcón à Genève. Ainsi, à l’occasion de ses débuts avec Les Violons du Roy, il est à la fois à la tête et au cœur de l’ensemble qu’il dirige du clavecin.
Rose Naggar-Tremblay, contralto
Il y a des voix qu’on n’oublie pas. Celle de Rose Naggar-Tremblay en fait partie — timbre ample et sombre, graves profonds, aigus épanouis et une présence qui capte l’attention dès les premières mesures. La presse internationale ne s’y trompe pas : « une superbe voix nouvelle » (France Musique), « nouvelle diva québécoise » (Classiquenews), « otherworldly in terms of its richness, beauty and interpretation » (Edmonton Journal).
Issue de l’Atelier lyrique de l’Opéra de Montréal, Révélation Radio-Canada 2022-2023, elle a fait en quelques années ses débuts à la Scala de Milan, au Théâtre des Champs-Élysées, au Bayerische Staatsoper et au Capitole de Toulouse, où elle a interprété le rôle-titre de Giulio Cesare en 2025, la même année où elle lançait son premier album intitulé Handel gourmand, salué comme l’une des meilleures sorties classiques du mois par la chaîne Mezzo. Ce programme avec Les Violons du Roy est, pour elle, un monde familier et chéri.
Chefs et solistes
Kyrian Friedenberg
ChefKyrian Friedenberg est un chef d'orchestre américano-canadien de 27 ans qui a occupé le poste de chef d'orchestre adjoint de l'Ensemble intercontemporain à la Philharmonie de Paris de 2024 à 2026. Il s'est fait connaître sur la scène internationale après avoir remporté le prix Neeme Järvi 2022 au Festival Menuhin de Gstaad et a depuis été récompensé par les Solti Foundation U.S. Career Assistance Awards en 2024 et 2025. En 2025, il a été finaliste du 59e Concours international de jeunes chefs d’orchestre de Besançon et a été en résidence avec l’Orchestre philharmonique de Vienne en tant que boursier AAF/Faber 2025 au Festival de Salzbourg.
Au cours de la saison 2025-2026, il fait ses débuts avec l’Orchestre Philharmonique de Radio France et le Chœur de Radio France à l’occasion de l’ouverture du Festival Présences. Il revient pour une deuxième année avec l’Ensemble intercontemporain et fait plusieurs autres débuts marquants : avec Les Violons du Roy à Québec et à Montréal, avec l’Orchestre National du Capitole de Toulouse, l’Orchestre national d’Île-de-France dans la Grande Salle Pierre Boulez à la Philharmonie de Paris, l’Orchestre philharmonique de Nice, l’Opéra de Bordeaux, et revient à l’Orchestre national de Cannes pour trois projets distincts. Il rejoint Kazuki Yamada et le City of Birmingham Symphony Orchestra en tant que chef d’orchestre adjoint pour une tournée de 13 concerts en Europe, et il est chef d’orchestre adjoint pour Die Zauberflöte au Festival d’Aix-en-Provence à l’été 2026.
Parmi les temps forts de la saison 2024–2025, citons ses débuts avec l’Ensemble intercontemporain, son retour à l’Orchestra della Toscana pour clôturer la Sagra Musicale Umbra à Pérouse, les concerts du Nouvel An avec l’Orchestre national de Metz, ainsi qu’une résidence au Lyric Opera of Chicago pour Rigoletto de Verdi. Avec l’Ensemble intercontemporain, il a assisté Pierre Bleuse lors du Grand Soir Edgard Varèse – dirigeant les répétitions d’Amériques et d’Arcana – ainsi que pour Répons de Boulez, à l’occasion de l’ouverture du Centenaire Boulez à la Philharmonie. Il a également assisté Matthias Pintscher et l’Orchestre national de France au Festival Présences.
Il a étudié au Conservatoire de Paris dans la classe d’Alain Altinoglu et a participé à la Gstaad Conducting Academy (2022) ainsi qu’à l’Accademia Chigiana (2023), où il a travaillé en étroite collaboration avec Jaap van Zweden et Daniele Gatti. Il a également suivi des masterclass avec Mikko Franck, Johannes Schlaefli, Baldur Brönnimann, Alexandre Bloch et d’autres. Il étudie actuellement la direction d'orchestre baroque et le Maestro al cembalo avec Leonardo García Alarcón à temps partiel à la Haute École de Musique de Genève.
Avant de se tourner vers la direction d'orchestre, Kyrian a travaillé comme comédien professionnel, participant à 332 représentations de la reprise à Broadway en 2008 de Gypsy, avec Patti LuPone (mise en scène d'Arthur Laurents), ainsi qu'à plusieurs productions Off-Broadway et Off-Off-Broadway, notamment dans un rôle principal de Frugal Repast de Ron Hirsen à l'Abingdon Theater de Manhattan. Il s’est également produit à de nombreuses reprises en tant que soprano, interprétant les rôles-titres dans Two Boys de Nico Muhly, Charlie and the Chocolate Factory de Peter Ash et Amahl and the Night Visitors de Gian Carlo Menotti.
Originaire de New York, Kyrian est titulaire d'une licence en musique (spécialité piano) de l'université McGill et réside aujourd'hui à Paris.
Rose Naggar-Tremblay
ContraltoAvec la profondeur de son timbre, l'égalité de sa voix, la maîtrise de son souffle, l'émotion de son chant et son charisme saisissant, Rose Naggar-Tremblay a fait une entrée remarquée sur la scène musicale.
Rose a commencé sa formation musicale par le piano et le chant choral avant de se lancer dans le chant classique à l'âge de 12 ans. Elle a poursuivi ses études à l'Université McGill en musique et en littérature, puis a obtenu son diplôme à l'Atelier lyrique de l'Opéra de Montréal. Depuis 2020, elle étudie avec Lena Hellström-Färnlöf, directrice de l'Académie de musique et d'opéra de l'Université de Mälardalen.
Sa carrière a immédiatement été marquée par une ouverture musicale remarquable, avec des projets passionnants et des succès exceptionnels dans de grands concours. Rose a ensuite remporté le Premier prix du Concours de l'Orchestre symphonique de Montréal (OSM), le Premier prix du Concours Georges Enesco à Paris, la Bourse Jeune espoir lyrique canadien au Gala des Jeunes Ambassadeurs lyriques, ainsi que le Prix de la Meilleure interprétation d'une œuvre canadienne au Concours de l'OSM avec le cycle Healing, qu'elle a composé en collaboration avec Éric Champagne. En 2022, elle a été nommée Révélation Radio-Canada Musique Classique 2022-2023, a remporté le Deuxième prix du Prix d'Europe 2022 et s'est vu décerner la prestigieuse Bourse Fernand Lindsay. À l'automne 2024, elle a remporté le Prix du public au Concours international de chant de la Premiere Opera Foundation à New York.
Sa passion pour le théâtre explique la place que l'opéra occupe dans ses engagements. En 2021, elle fait des débuts éclatants à l'Opéra de Sofia dans le rôle de Carmen. En 2023, débuts en France aux Opéras de Metz et de Reims dans le rôle du Deuxième Esprit (Rusalka de Dvořák) et en Allemagne à l'Opéra de Munich dans le rôle de l'Aubergiste (Boris Godounov de Moussorgski), en plus de reprendre le rôle de Carmen à l'Opéra d'Edmonton. En 2024, elle chante La Voix d'en haut (La femme sans ombre de Richard Strauss) au Théâtre du Capitole de Toulouse et Erda (Das Rheingold de Wagner) au Théâtre d'Erfurt.
En concert, Rose Naggar-Tremblay aborde un vaste répertoire, allant de l'époque baroque aux ouvrages contemporains, des chefs-d'œuvre sacrés aux grandes pages lyriques. Elle a été invitée à chanter les Sea Pictures d'Elgar, le Magnificat de Palmeri, Le Messie de Händel, le Dixit Dominus de Vivaldi, les Requiem de Mozart et de Duruflé, ainsi que de nombreuses cantates de Bach, sous la direction de chefs d'orchestre renommés tels que Yannick Nézet-Séguin, Rafael Payare, Jean-Marie Zeitouni, Jacques Lacombe, Christophe Rousset et Laurence Equilbey.
Artiste éclectique, Rose Naggar-Tremblay est également auteure-compositrice-interprète. Elle a enregistré son premier album de chansons originales en 2022, intitulé Je me souviens à toi, un mélange de chanson française et de musique de chambre. En mars 2022, elle a également participé à l'enregistrement de La nuit est ma femme, un opéra de Mathilde Côté inspiré de la vie et des textes de Jack Kerouac, dans lequel elle incarne le rôle de Gabrielle.
La richesse de la saison 2024/2025 est frappante : rôle-titre dans Giulio Cesare de Händel au Théâtre du Capitole (sous la direction de Christophe Rousset, mise en scène de Damiano Michieletto) ; grand concert intitulé Charlebois symphonique avec l'Orchestre symphonique de Montréal puis l'Orchestre symphonique de Québec ; reprise de Carmen à l'Opéra de Sofia ; rôle de Farnace dans Mitridate de Mozart avec Les Talens Lyriques et Christophe Rousset à La Scala de Milan et au Théâtre des Champs-Élysées.
En 2025/2026, Rose collaborera à nouveau avec Les Talens Lyriques pour le rôle de Medoro dans Orlando de Händel à l'Opéra de Nancy, au Théâtre de Caen et au Grand Théâtre du Luxembourg à l'automne 2025. Elle chante ensuite Erda dans Das Rheingold au Théâtre national de Prague sous la direction de Robert Jindra, puis les rôles de Female Courtier V et Jane Kennedy dans la première de One Blood de Brett Dean à l'Opéra de Munich avec Vladimir Jurowski et Claus Guth.
Son premier disque solo, consacré aux grands airs d’opéra et d’oratorio de Händel, sortira sous le label Arion.
Programme
Concerto grosso en fa majeur, op. 6 n° 6
Extraits de Giulio Cesare in Egitto, HWV 17
Il tramonto pour voix et cordes
Concerto pour cordes
Autres représentations du concert
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