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Saison Montréal Série Salle Bourgie

Les Violons à Rome, de Corelli à Nino Rota

Billets
Date
5 juin 2026 à 19:30
Lieu

Salle Bourgie

Pavillon Claire et Marc Bourgie
Musée des beaux-arts de Montréal
1339, rue Sherbrooke Ouest
Montréal (Québec)
Canada

Billetterie
514 285-2000, option 1
Sans frais à l'extérieur de Montréal
1 800 899-6873, option 1

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Durée : 1h30 incluant la pause de 20 minutes

Les Violons à Rome, de Corelli à Nino Rota

Rome n’a jamais cessé d’attirer les musiciens. Corelli y a régné sur l’art du violon. Le jeune Handel ébloui s’y est formé. Respighi y a trouvé une patrie d’adoption. Et Nino Rota, entre deux partitions pour Fellini, y a composé l’une de ses œuvres les plus séduisantes. Pour ce concert, Les Violons du Roy font le voyage. Quatre siècles de musique romaine en un seul concert, avec la contralto soliste Rose Naggar-Tremblay et Kyrian Firedenberg à la direction et au clavecin. 

Arcangelo Corelli — Concerto grosso en fa majeur, op. 6 n° 6 

Tout commence avec Corelli. Maître incontesté du violon, il a passé l’essentiel de sa vie à Rome, protégé par les plus grands mécènes de l’époque dont la reine Christine de Suède et le cardinal Ottoboni. Dans les salons de ces puissants, il fixe le langage du concerto grosso, ce dialogue entre un petit groupe de solistes et un grand ensemble, qui allait nourrir Bach, Handel et Vivaldi pendant des décennies. 

Ce concerto grosso en fa majeur, l’un des douze que Corelli a rassemblés à la fin de sa vie, en est une illustration lumineuse. On y entend tour à tour la rigueur du contrepoint et la douceur du chant, la ferveur religieuse et la légèreté d’une suite de danses. Le Largo central, d’une intensité presque sacrée, telle une prière sans paroles. 

George Frideric Handel — Airs extraits de Giulio Cesare in Egitto, HWV 17 

Handel arrive à Rome à 20 ans. Il y rencontre Corelli, s’imprègne de l’art vocal italien et croise le grand Alessandro Scarlatti. Ce séjour va marquer son écriture pour le reste de sa vie. Et c’est peut-être dans Giulio Cesare, créé à Londres en 1724, que cet héritage romain s’entend le mieux. 

Le personnage de César est d’une fascinante complexité : conquérant amoureux, stratège et poète. Rose Naggar-Tremblay lui prête sa voix dans trois airs qui traversent tous les états de l’âme : la victoire éclatante de Presti omai, l’ardeur guerrière d’Al lampo dell’armi, et l’émotion à vif d’Aure deh per pietà, où César supplie le vent de porter ses mots jusqu’à Cléopâtre, retenue prisonnière. Ces airs furent composés pour Il Senesino, le plus célèbre castrat de l’époque. Aujourd’hui, ce sont les voix de contralto qui en ont hérité, et Rose Naggar-Tremblay les porte avec une autorité naturelle. 

Ottorino Respighi — Il tramonto 

Respighi est surtout connu pour ses grandes fresques symphoniques — les fontaines, les pins, les fêtes de Rome. Or Il tramonto (le coucher de soleil) est une œuvre d’une tout autre nature : intime, concentrée, presque fragile. 

Il tramonto a été composée en 1918 pour voix et quatuor à cordes sur un poème de Shelley. Après la mort de son bien-aimé, une femme continue de vivre, inconsolable, regardant chaque soir le soleil se coucher sans lui. Respighi met en musique ce deuil avec une délicatesse bouleversante, mêlant la fluidité de Debussy et le lyrisme de Puccini. Les cordes ne soutiennent pas seulement la voix, elles respirent avec elle et l’accompagnent dans le silence. 

Nino Rota — Concerto pour cordes 

Difficile de penser à Nino Rota sans entendre aussitôt les mélodies de La Strada, du Parrain ou de La Dolce Vita. Son génie des thèmes qui demeurent gravés dans nos mémoires est légendaire. Mais Rota était aussi un compositeur de concert prolifique et son Concerto pour cordes, composé en 1964-65 pour l’ensemble romain I Musici, est l’une de ses pages les plus attachantes. 

En quatre mouvements, il promène l’auditeur, de la sérénité contrapuntique d’un Preludio à un Scherzo légèrement sarcastique qui flirte avec la valse, en passant par une Aria mystérieuse où l’ombre de Bach croise celle de Mahler. Le Finale marqué Allegrissimo est une course effrénée, joyeuse et irrésistible. 

Texte inspiré et adapté des notes de programme rédigées par Irène Brisson


Les artistes 

Kyrian Firedenberg, direction et clavecin 

Il a 27 ans, il vient de New York et il fait déjà ses débuts dans les grandes institutions musicales d’Europe. Kyrian Firedenberg est l’un de ces jeunes chefs dont la trajectoire retient l’attention : lauréat du prix Neeme Järvi au Festival Menuhin de Gstaad, chef assistant de l’Ensemble intercontemporain à la Philharmonie de Paris, résidences à la Lyric Opera de Chicago et au Festival de Salzbourg. Cette saison, il débute avec l’Orchestre philharmonique de Radio France, l’Orchestre national du Capitole de Toulouse et rejoint Kazuki Yamada comme chef adjoint pour une tournée européenne de 13 concerts. 

Kyrian Firedenberg a étudié en parallèle la direction baroque et l’art du maestro al cembalo auprès de Leonardo García Alarcón à Genève. Ainsi, à l’occasion de ses débuts avec Les Violons du Roy, il est à la fois à la tête et au cœur de l’ensemble qu’il dirige du clavecin. 

Rose Naggar-Tremblay, contralto 

Il y a des voix qu’on n’oublie pas. Celle de Rose Naggar-Tremblay en fait partie — timbre ample et sombre, graves profonds, aigus épanouis et une présence qui capte l’attention dès les premières mesures. La presse internationale ne s’y trompe pas : « une superbe voix nouvelle » (France Musique), « nouvelle diva québécoise » (Classiquenews), « otherworldly in terms of its richness, beauty and interpretation » (Edmonton Journal). 

Issue de l’Atelier lyrique de l’Opéra de Montréal, Révélation Radio-Canada 2022-2023, elle a fait en quelques années ses débuts à la Scala de Milan, au Théâtre des Champs-Élysées, au Bayerische Staatsoper et au Capitole de Toulouse, où elle a interprété le rôle-titre de Giulio Cesare en 2025, la même année où elle lançait son premier album intitulé Handel gourmand, salué comme l’une des meilleures sorties classiques du mois par la chaîne Mezzo. Ce programme avec Les Violons du Roy est, pour elle, un monde familier et chéri. 

Chefs et solistes

Programme

A. CORELLI

Concerto grosso en fa majeur, op. 6 n° 6

G.F. HANDEL

Extraits de Giulio Cesare in Egitto, HWV 17

O. RESPIGHI

Il tramonto pour voix et cordes

N. ROTA

Concerto pour cordes

Autres représentations du concert

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